L’humilité et l’humiliation

Quand j’ai fait un stage dans une église du Colorado pendant l’été 1976, on m’a demandé de prêcher un dimanche matin. J’ai bossé dur, prié et transpiré pour préparer un sermon sur Jean 13. J’avais plein de notes et je prêchais avec une énorme Bible NASB.  Après une brève intro, alors que je me dirigeais vers la chaire pour prêcher, j’ai laissé tomber ma grosse Bible et toutes mes notes. Elles se sont éparpillées partout sur l’estrade. Inutile de dire que j’étais super gêné. On a tous vécu des moments d’humilité. Mais il y a une grosse différence entre une expérience d’humilité et une expérience humiliante (et j’ai aussi eu ma part de celles-ci).  Henri Nouwen écrit: “L’humiliation est infligée; l’humilité est acceptée.” Par exemple, une bonne évaluation de performance dit: « Voici vos points forts, et voici les domaines dans lesquels vous devez vous améliorer.” C’est une évaluation qui rend humble et qui est utile. Une évaluation humiliante dit: « Nous allons lire vos faiblesses à haute voix à l’ensemble du personnel.” La première aide les gens à se développer, tandis que la seconde les détruit. Une expérience qui nous rend humbles est généralement interne. On se retrouve face à nos limites, nos besoins ou notre dépendance vis-à-vis des autres et de Dieu. Ça peut faire mal, mais ça nous rend plus lucides, plus doux, plus sages et souvent reconnaissants. On se rend compte qu’on grandit parce que la vérité est révélée, une vérité qui nous transforme pour devenir de meilleures personnes et de meilleurs disciples du Christ. Une expérience qui nous rend humbles nous amène à évaluer correctement nos dons, nos capacités et ce qu’on peut et ne peut pas faire. I Pierre 5:6 nous dit: “Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au moment opportun.” L’humilité dit: “Je n’ai pas besoin d’être au centre. Je peux dire la vérité sur moi-même. Je fais plus confiance à Dieu qu’à mon image.”  C.S. Lewis a dit: “L’humilité, ce n’est pas avoir une mauvaise opinion de soi-même, c’est penser moins à soi-même.” Michée 6:8: “Il t’a montré, ô homme, ce qui est bon ; et qu’est-ce que le Seigneur demande de toi, sinon d’exercer la justice, d’aimer la miséricorde et de marcher humblement avec ton Dieu?” Les expériences qui nous rendent humbles peuvent être inconfortables, mais elles ne sont jamais humiliantes. Comparons cela aux expériences humiliantes qui sont souvent externes et qui nous sont imposées. On est exposé, moqué ou rabaissé d’une manière qui engendre la honte, le manque de respect et la condamnation plutôt que la croissance. Cela nous dit que nous sommes des ratés et que nous n’avons pas notre place. Au lieu de nous conduire à la repentance ou à la sagesse, cela a tendance à nous laisser des blessures, du ressentiment et de la peur. On pense que personne ne nous aime et qu’on ne vaut rien. Dans l’exemple de Jésus, on voit qu’il a vécu à la fois des expériences d’humilité et d’humiliation. Philippiens 2:8 nous dit: “Il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort sur une croix!” Jésus a choisi l’humilité, mais il a aussi été soumis à l’humiliation. Les gens se moquaient de lui et lui crachaient dessus. Cette humiliation venait de l’humanité pécheresse et non du cœur de son Père. Le Père n’a pas humilié le Fils, mais le Fils a choisi de s’humilier lui-même. Cette différence est cruciale. Dieu s’humilie pour racheter, tandis que les gens humilient pour dominer. Comment pouvons-nous gérer une expérience humiliante ? Tout d’abord, nous devons venir à Jésus. Jésus a dit dans Matthieu 11:28: “Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.” Le mot “repos” vient d’un mot grec qui veut dire faire une pause, se détendre, se calmer ou se rafraîchir. Dieu nous dit aujourd’hui qu’on peut s’arrêter, prendre une grande respiration et ressentir sa paix. Ensuite, on doit réaliser qui on est en Jésus-Christ. Notre identité se trouve en lui. On n’est pas ce que les autres disent qu’on est, on est ce qu’on est en Jésus. Henri Nouwen écrit: “L’identité spirituelle signifie qu’on n’est pas ce qu’on fait ou ce que les gens disent de nous. Et on n’est pas ce qu’on possède. On est les filles et les fils bien-aimés de Dieu.” Notre estime de soi doit toujours être enracinée dans notre caractère unique en tant qu’enfants de Dieu. Dieu est pour nous et rien de ce que les gens peuvent dire ou faire ne peut changer qui nous sommes et ce qu’Il ressent à notre égard. Brennan Manning a écrit: « Définissez-vous radicalement comme une personne aimée de Dieu. C’est là votre véritable identité. Toute autre identité n’est qu’illusion. » Troisièmement, nous ne devons pas riposter, essayer de nous venger ou vivre dans le ressentiment. On laisse Dieu régler les comptes et on pardonne. 1 Pierre 3:9 dit: « Ne rendez à personne le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte, mais bénissez au contraire, car c’est à cela que vous êtes appelés, afin d’hériter la bénédiction.” Dieu s’humilie pour restaurer notre dignité;  l’humiliation nous la vole, mais la grâce a toujours le dernier mot.

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