À quoi ressemble Dieu?

Une enseignante de maternelle observait ses élèves pendant qu’ils dessinaient. Elle se promenait de temps en temps dans la classe pour voir les dessins de chaque enfant. Quand elle est arrivée près d’une petite fille qui travaillait avec application, elle lui a demandé ce qu’elle dessinait. La petite fille a répondu: « Je dessine Dieu.” La prof a fait une pause et a dit: “Mais personne ne sait à quoi ressemble Dieu.” Sans se démonter et sans lever les yeux de son dessin, la petite a répondu: “Ils le sauront quand j’aurai fini.” À quoi ressemble vraiment Dieu? Est-il loin ou proche, en colère ou plein de compassion, strict ou indulgent? Certains imaginent Dieu comme un arbitre cosmique, prompt à siffler. D’autres le voient comme une force vague, spirituelle mais impersonnelle. D’autres encore ont une image façonnée par la déception, les figures d’autorité ou des expériences douloureuses. A.W. Tozer a écrit un jour: « Ce qui nous vient à l’esprit lorsque nous pensons à Dieu est la chose la plus importante à notre sujet.” Si nous sommes des personnes qui jugent, nous croyons que Dieu est plein de jugement, un Dieu qui nous montre du doigt avec dégoût. Si nous sommes perfectionnistes de nature, alors Dieu est un Dieu qui n’est jamais satisfait. Brennan Manning a écrit: “Le mécanisme de projection est un processus qui consiste à attribuer inconsciemment à Dieu nos propres attitudes et sentiments afin de défendre inconsciemment notre propre insuffisance ou notre culpabilité.” Philippe, l’un des disciples de Jésus, a posé la question à haute voix dans Jean 14:8 lorsqu’il a dit: « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira.” En d’autres termes: « Jésus, donne-nous simplement une image claire de Dieu.” C’est une question importante, car la façon dont on voit Dieu détermine la façon dont on prie, dont on traite les gens et dont on se voit soi-même. La réponse de Jésus est étonnante par sa simplicité au verset 9: « Celui qui m’a vu a vu le Père.” La vie de Jésus est la révélation la plus complète et la plus précise du Père jamais vue dans ce monde. Si on veut savoir comment est Dieu, on ne commence pas par des spéculations, on commence par Jésus. Jésus ne nous a pas seulement parlé de Dieu, il nous l’a montré. Quand Jésus touche le lépreux, on voit un Dieu qui n’est pas rebuté par notre fragilité. Quand Jésus mange avec les pécheurs, on voit un Dieu qui va vers les exclus. Quand Jésus pleure devant le tombeau de Lazare, on voit un Dieu qui partage notre chagrin. Quand Jésus pardonne depuis la croix, on voit un Dieu dont la miséricorde est plus grande que notre péché. Colossiens 1:15 dit: “Le Fils est l’image du Dieu invisible.” En Jésus, l’invisible devient visible. L’inconnaissable devient connaissable. Le lointain devient proche. Si on pense que Dieu est toujours déçu par nous, on peut regarder Jésus accueillir le fils prodigue. Si on pense que Dieu est dur et impitoyable, on peut regarder Jésus restaurer Pierre. Si on pense que Dieu semble indifférent à la souffrance, on peut regarder Jésus sur la croix. Jean 1:18: “Personne n’a jamais vu Dieu, mais le Fils unique, qui est lui-même Dieu et qui est dans une relation très proche avec le Père, l’a fait connaître.” Ça veut dire que le christianisme, c’est pas avant tout des règles, des rituels ou des pratiques religieuses. C’est une relation avec Dieu et la connaissance de Dieu à travers la connaissance de Jésus. Jésus est la parole définitive de Dieu sur lui-même. Il n’y a pas de version cachée de Dieu derrière Jésus, pas de “Dieu plus en colère” qui attend dans les coulisses. Ce qu’on voit en Jésus, c’est exactement qui est Dieu. Comme Jésus révèle le Père, suivre Jésus, c’est refléter le Père au monde. Jésus a dit dans Jean 20:21: “Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.” Le monde apprend qui est Dieu non seulement en lisant les Écritures, mais aussi en observant son peuple. Une histoire populaire raconte qu’après un bombardement allemand, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a détruit une église à Strasbourg, en France, une statue de Jésus-Christ s’est retrouvée sans mains. Les mains de la statue ont été arrachées par une poutre qui est tombée, et les membres de l’église ont décidé de la laisser telle quelle. Ils pensaient que la statue sans mains servirait à rappeler que l’œuvre de Jésus-Christ est accomplie par son peuple. L’église a ajouté une plaque à la base de la statue sur laquelle on pouvait lire: « Le Christ n’a d’autres mains que les nôtres.” Quand on aime généreusement, qu’on pardonne librement, qu’on accueille avec audace et qu’on sert humblement, on incarne le caractère de Dieu, tout comme Jésus l’a fait. Nous sommes le seul Jésus que certaines personnes verront jamais.
