L’importance du silence

À l’époque préindustrielle, les gens dormaient généralement en deux phases, appelées “premier sommeil” et “deuxième sommeil.” Une personne s’endormait pendant 4 à 5 heures, se réveillait pendant environ 2 heures, puis se rendormait pour encore 3 à 4 heures. Cet intervalle, appelé “veille” était consacré à la prière, à la méditation sur Dieu, à la lecture ou à la réflexion, et était considéré comme un moment spirituellement fructueux. La veille était un moment de silence complet, où aucun bruit extérieur ne venait perturber un temps de dévotion totale avec Dieu. Saint Benoît, qui a fondé des communautés chrétiennes à la fin du IVe siècle et au début du Ve siècle après J.-C., demandait aux moines de se lever à minuit, ce qui est devenu une tradition qui s’est répandue parmi les masses. On y voyait souvent un moment pour imiter le roi David de la Bible, qui, comme le dit la Bible dans le Psaume 119:62: « se levait à minuit pour rendre grâce.” Bien que ce ne soit pas un appel à revenir à la pratique de “la veille,” c’est un appel à créer et à réserver des moments dans notre journée où on laisse Dieu parler dans nos vies, non pas dans le bruit, mais dans le silence. C.S. Lewis a écrit un jour: “Dans le silence et la méditation sur les vérités éternelles, j’entends la voix de Dieu qui éveille nos cœurs à un amour plus grand.” Le silence est comme un arbre qui étend ses branches vers le soleil. Habacuc 2:20: “Le Seigneur est dans son saint temple; que toute la terre fasse silence devant lui.” Apocalypse 8:1: “Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut un silence dans le ciel pendant environ une demi-heure.” David écrit dans le Psaume 46:10: “Soyez tranquilles, et sachez que je suis Dieu.” La question qui se pose est: “Le niveau de bruit de nos vies est-il suffisamment bas pour qu’on puisse entendre les murmures de Dieu?” Il y a l’histoire d’un prof qui est entré dans une classe bruyante et n’a rien dit. Il s’est simplement tenu debout devant la classe. Un par un, les élèves l’ont remarqué. Les chuchotements ont ralenti et les têtes se sont tournées. En moins d’une minute, la salle était complètement silencieuse. Il n’avait pas élevé la voix, mais avait laissé le silence parler plus fort que n’importe quel cri. Parfois, Dieu ne crie pas pour couvrir notre bruit, Il attend que nous nous calmions. Andrew Murray a écrit: “La simple pensée de Dieu dans Sa majesté et Sa sainteté devrait nous réduire au silence.” Cela dit, on a tous du mal avec le silence parce que nos cœurs, nos esprits et nos âmes sont remplis de bruit, à chaque minute de chaque jour. Nos esprits sont comme un bananier rempli de singes qui sautent sans arrêt de haut en bas. Dans la solitude, on peut voir nos pensées s’emballer avec le programme de la semaine, faire défiler les réseaux sociaux, repenser à une conversation difficile qu’on a eue ou ressentir de la peur face à l’avenir. Il suffit de très peu pour nous distraire. Le poète anglais John Donne a écrit un jour: “Je néglige Dieu et ses anges, à cause du bruit d’une mouche.”  On a aussi du mal avec le silence parce qu’on pense qu’en se taisant, on ne fait rien, alors qu’en réalité, on écoute activement la voix de Dieu et ce qu’il a à nous dire. Mère Teresa a dit à propos de la prière: “L’essentiel n’est pas ce qu’on dit, mais ce que Dieu nous dit et ce qu’il dit à travers nous. Dans notre silence, il nous écoutera, il parlera à notre âme, et nous entendrons sa voix. Nous devons apprendre à écouter.” Rester silencieux devant Dieu, c’est notre responsabilité. Psaume 131:2: “Mais je me suis calmé et apaisé. Je suis comme un enfant sevré auprès de sa mère ; comme un enfant sevré, je suis comblé.” Le psalmiste s’approprie le silence devant Dieu. Jésus avait l’habitude de se retirer dans “les collines,” “un endroit isolé” “le désert” “une haute montagne.” ou le jardin de Gethsémani. Dans le calme, nos vies sont remises en perspective, nos cœurs sont remplis de paix et la clarté s’installe au milieu de la confusion. C’est dans le silence que nous pouvons vraiment comprendre et faire l’expérience de la sainteté et de la présence de Dieu. A.W. Tozer a écrit que, dans certains cas, “le silence absolu pourrait bien devenir notre plus grand acte d’adoration.” Les moines du désert, aux tout premiers jours du christianisme, récitaient la prière de Jésus ainsi: “Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.” Ils utilisaient cette prière pour se concentrer et méditer sur Dieu, à la recherche d’une relation instant par instant avec le Christ. La répétition de ces mots était et reste un processus visant à faire taire les pensées récurrentes afin que nous puissions faire l’expérience de la profondeur de l’amour du Christ au plus profond de notre être. Peut-être pourrions-nous prier ainsi: “Seigneur, apprends-nous à rester tranquilles devant Toi. Dans le bruit et l’agitation de notre quotidien, aide-nous à trouver des pauses sacrées où nous pouvons entendre Ta voix, honorer Ta sainteté et nous reposer dans Ton amour. Que notre silence dans l’adoration soit rempli de Ta présence. Amen.”

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