Choisir judicieusement nos combats

Il est peu probable qu’à la fin de notre vie, on se dise: “Je suis content d’avoir eu raison, je suis reconnaissant d’avoir gagné cette dispute.” La plupart des gens diront plutôt: « J’aurais aimé ne pas avoir gardé rancune. J’aurais aimé simplement laisser tomber.” À la fin de la vie, avoir gagné des disputes n’aura aucune importance, mais les relations auront toute leur importance. Les batailles que nous pensions les plus importantes seront celles qui compteront le moins. Quelqu’un envoie un message ou un SMS, on le lit et on sent immédiatement notre tension monter. On tape une réponse, on l’efface et on la retape, mais plus fort cette fois-ci, en ajoutant un verset biblique juste pour que ça ait l’air sacré. La conversation se transforme en combat de boxe théologique. On a dit: « Tous les messages ne méritent pas une réponse, et toutes les réponses ne méritent pas un sermon.” Paul écrit à Timothée dans 1 Timothée 6:20: “Timothée, garde ce qui t’a été confié. Éloigne-toi des bavardages impies et des idées contraires à ce qu’on appelle faussement la connaissance.” En d’autres termes, nous devons rester dans notre voie et choisir nos combats avec sagesse, car certaines victoires se font au prix de ce-là même que Dieu voulait que nous protégions. Nous avons tous connu des disputes qui ne mènent nulle part, des offenses qu’il n’y avait pas lieu de prendre à cœur et des gens qui détruisent des relations et des églises pour des choses sans importance. Non seulement ces combats ne valent pas notre temps ni notre énergie, mais ils peuvent nous laisser épuisés, amers et spirituellement desséchés. C’est pourquoi toutes les causes ne valent pas la peine qu’on se batte jusqu’au bout. Tous les désaccords n’ont pas besoin de se transformer en débat. Si on menait tous les combats qui se présentent, on perdrait ceux qui comptent le plus. Gagner une dispute peut nous coûter une relation. Le pasteur Jacques nous conseille dans Jacques 4:1-2: “D’où viennent les combats et les querelles parmi vous ? Ne viennent-elles pas de vos désirs qui se livrent bataille en vous?” Jacques ne dit pas que le problème vient “d’eux,” mais de “nous.” Il se trouve dans notre orgueil (on doit gagner), dans notre ego (on doit avoir raison) et dans notre insécurité (on doit se défendre à chaque fois). Proverbes 16:18 dit: “Un cœur orgueilleux mène toujours à la destruction.” Le problème n’est jamais le problème. Le problème tourne généralement autour d’un seul mot: le contrôle. La plupart des batailles que nous menons ne concernent pas la vérité, mais le territoire. Même Jésus n’a pas répondu à chaque attaque. Il est resté silencieux face aux accusations, s’est éloigné des débats inutiles et a refusé de faire ses preuves auprès de ceux qui se moquaient de lui. On a dit: “Ce n’est pas parce que quelqu’un t’invite à te battre que tu dois obligatoirement y aller.” Proverbes 19:11: “La sagesse d’une personne engendre la patience; c’est une gloire pour soi de passer outre une offense.” Combien de disputes sur les réseaux sociaux devrions-nous simplement ignorer et auxquelles ne pas répondre, car personne ne gagne et tout le monde finit par être frustré? S’éloigner n’est pas une faiblesse. C’est de la force maîtrisée. Jésus nous dit dans Luc 6:28 de “bénir ceux qui nous maudissent.” La façon dont on bénit ceux qui nous ont maltraités, c’est que lorsqu’on est tenté de parler négativement d’eux, on reste silencieux. On dit qu’on ne doit parler que lorsque cela apporte quelque chose de plus que le silence. Notre silence peut en dire long même si on n’a pas dit un mot. Il faut de la force pour rester silencieux, il faut de la maturité pour laisser passer quelque chose et il faut de la sagesse pour choisir la paix plutôt que notre fierté. Proverbes 15:1: “Une réponse douce apaise la colère.” Quand on sent la colère monter en nous et qu’on est sur le point de réagir dans la chair, Dieu nous appelle plutôt à faire une pause pour réfléchir, voire à nous éloigner. Jacques 1:19: “Mes chers frères et sœurs, retenez ceci : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler et lent à se mettre en colère.” Il faut autant de courage pour faire marche arrière pour le bien des autres et pour nous-mêmes que pour tenir bon et se battre. Alors, pour quoi vaut-il la peine de “se battre”? Notre foi, notre famille, notre vocation, notre intégrité et notre relation avec Dieu me viennent à l’esprit. Ces combats exigent de la prière, de la discipline et de la concentration. Nous devons cesser de nous battre contre les gens et commencer à combattre ce qui cherche à nous détruire. Nous y parvenons en nous posant la question: est-ce que ça en vaut la peine? Notre réaction va-t-elle honorer Dieu? Est-ce que ça aura de l’importance dans un an? Réagissons-nous selon la chair ou selon l’Esprit? Si on demandait d’abord à Dieu, on éviterait la plupart des combats inutiles. La vraie paix, on la trouve quand on arrête de mener les combats que Dieu ne nous a pas confiés. La vie est trop courte pour la passer à se battre. Battons-nous seulement pour les choses les plus importantes et laissons le reste de côté. Amen.
