Dis-le aujourd’hui

Une fois, un homme est allé aux funérailles d’un vieil ami. Quand les gens se sont levés pour prendre la parole, les uns après les autres, ils ont raconté à quel point ce type était génial. L’un d’eux a dit: “Il était toujours là quand j’avais besoin de lui.” Un autre a ajouté: « Il avait un cœur d’or.” Quelqu’un d’autre a déclaré: “C’était le meilleur ami que j’aie jamais eu.” La femme de cet homme écoutait, les larmes aux yeux. Finalement, elle a chuchoté à quelqu’un assis à côté d’elle: “J’aurais aimé qu’il puisse entendre tout ça de son vivant.” C’est ça, la tragédie. Parfois, on garde nos plus belles paroles pour des gens qui ne peuvent plus les entendre. Fyodor Dostoevsky a fait cette remarque qui reste en tête: “Les gens ont plein de belles choses à dire sur toi, mais il faut d’abord que tu meures.” C’est un commentaire triste mais vrai sur la nature humaine. On attend les funérailles pour dire les mots qu’on aurait dû prononcer à table. On attend que quelqu’un soit parti pour dire aux autres à quel point il ou elle était formidable. On écrit de belles choses à son sujet dans une nécrologie qu’il ou elle n’aura jamais eu l’occasion de lire. On se tient près de son cercueil et on dit: “C’était un homme tellement bien. Elle était toujours là pour moi. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans elle. Il comptait tellement pour moi. C’était l’une des personnes les plus gentilles que j’aie jamais connues.” La question du jour est: “Pourquoi ne leur avons-nous pas dit ça de leur vivant?” Souvent, on se souvient des qualités d’une personne après son décès, car la mort a le don d’effacer les petites choses qui nous agacaient chez elle. Quand quelqu’un est en vie, on remarque ses défauts, on se souvient des disputes, on se plaint de ce qu’il n’a pas fait, alors que quand il n’est plus là, on se souvient de sa fidélité, des années d’amitié et, tout à coup, on se rappelle tout ce qu’il a fait. Si la mort d’un être cher a un effet sur nous, c’est qu’elle nous donne du recul. Ne serait-ce pas merveilleux de regarder les personnes que Dieu a mises sur notre chemin et de leur dire dès maintenant: “Je te suis reconnaissant. Tu as rendu ma vie meilleure. J’apprécie ce que tu as fait. Je t’aime. Je suis fier de toi. Merci d’être là pour moi.” Proverbes 16:24: “Les paroles aimables sont comme un rayon de miel, douces pour l’âme et qui guérissent les os.” Parfois, on hésite à dire ces choses parce qu’on pense que les gens savent déjà qu’on les aime, qu’on est fiers d’eux et qu’on les apprécie – et c’est peut-être vrai. Mais on ne peut pas laisser les gens deviner ce qu’il y a dans notre cœur. Il faut leur dire. D’autres fois, on hésite à dire ces choses parce qu’on se dit qu’on le fera plus tard. “Plus tard” est l’un des mots les plus dangereux de la langue française. “Je les appellerai, je leur rendrai visite, je les remercierai, je leur demanderai pardon plus tard.” Parfois, ce “plus tard” n’arrive jamais. Jacques 4:14: “Vous ne savez même pas ce qui arrivera demain. Qu’est-ce que votre vie? Vous êtes une brume qui apparaît un instant, puis disparaît.” Le Psaume 90:12 dit: “Apprends-nous à compter nos jours, afin que nous ayons un cœur sage.” La Bible ne nous dit pas de compter nos années. Elle nous dit de compter nos jours. La vie est fragile. On n’a aucune garantie d’une nouvelle conversation, d’un anniversaire, d’un Noël, d’un Thanksgiving, d’un coup de fil ou d’une occasion de dire: “Je t’aime.” 1 Jean 3:18: “Mes chers enfants, n’aimons pas en paroles ni en discours, mais en actes et en vérité.” Jean ne dit pas que les mots n’ont pas d’importance. Les mots comptent énormément. Il dit que notre amour doit devenir visible et qu’il faut l’exprimer. Alors si c’est ce qu’il y a dans notre cœur, disons-le, et disons-le aujourd’hui. Envoyons ce SMS, passons ce coup de fil, écrivons ce petit mot, faisons ce câlin ou asseyons-nous avec eux et disons: “Tu comptes tellement pour moi. Merci. Je t’apprécie. Je t’aime.” Ce sont peut-être là les mots les plus importants que tu aies jamais prononcés. Peut-être qu’aujourd’hui, c’est le jour de dire à ton conjoint: “Je ne te le dis pas assez souvent, mais je t’apprécie vraiment.” Peut-être qu’aujourd’hui, c’est le jour de dire à tes enfants: “Je suis fier de toi.” Peut-être qu’aujourd’hui, c’est le jour de dire à un ami: « Ton amitié a été une bénédiction pour moi.” Peut-être qu’aujourd’hui, c’est le jour de remercier quelqu’un qui nous a aidés il y a des années. Cette veuve, debout aux funérailles de son mari, va porter ces mots non dits en elle pour le reste de sa vie. Ne laissons pas ça devenir notre histoire. Les gens qu’on aime sont encore là. Ils peuvent encore nous entendre. Disons-leur aujourd’hui, tant qu’aujourd’hui est encore un jour qui nous est donné.
