Aider les personnes maltraitées

Il y a l’histoire d’une adolescente qui a commencé à se renfermer. Avant, elle riait ; maintenant, elle parlait à peine. Avant, elle venait en cours; maintenant, elle avait disparu. À l’école, tous les profs et les élèves l’avaient remarqué : les remarques cruelles, les moqueries sur les réseaux sociaux et l’isolement. Même les adultes sentaient que quelque chose n’allait pas. Mais tout le monde se racontait le même mensonge: “Quelqu’un d’autre s’en occupera.” Personne ne l’a fait. Un soir, elle a atteint son point de rupture. Plus tard, les gens ont dit: “J’avais le sentiment que quelque chose n’allait pas. J’aurais aimé dire quelque chose. Je ne voulais pas m’en mêler.” Qu’il s’agisse d’une personne à l’église qui traverse un divorce difficile ou d’un collègue qui est la cible de sarcasmes, de dénigrement et d’humiliation publique, on croise tous des gens qui sont maltraités par leur entourage. Que faire et quelle est notre responsabilité? Trop souvent, on pense, voire on dit: “Ça ne me regarde pas. Je ne veux pas m’en mêler. Ils n’ont qu’à se débrouiller.” Ce que ça veut vraiment dire, c’est: “Leur souffrance dérange mon emploi du temps.” Pourtant, la Bible nous appelle à faire quelque chose de bien plus profond et personnel. La bonne question n’est jamais: “Est-ce que c’est mon problème?” mais “comment puis-je participer au processus de guérison?” Tout d’abord, on nous demande de les voir et de ne pas les ignorer. Dans Luc 10, Jésus a raconté l’histoire d’un homme qui marchait sur la route de Jéricho et qui a été battu, volé et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite ont vu cet homme gisant sur le bord de la route, mais ils sont passés de l’autre côté. Le contraste se trouve dans Luc 10:33: « Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de l’homme; et quand il le vit, il eut pitié de lui.” Le Samaritain ne s’est pas contenté de jeter un coup d’œil à l’homme, il l’a remarqué, il l’a vraiment vu et a agi pour soulager sa douleur et sa souffrance. Notre responsabilité envers ceux qui souffrent commence par la prise de conscience. On ne peut pas aider les gens qu’on refuse de voir. Tout le monde porte une blessure cachée. Deuxièmement, on est appelés à ressentir de la compassion et non de l’indifférence. Colossiens 3:12: “Ainsi donc, comme vous êtes le peuple élu de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.” Quand on fait preuve de compassion, on n’est pas faible, on est à l’image du Christ qui était constamment ému de compassion pour ceux qui souffraient, ceux qui étaient rejetés et maltraités. L’indifférence, c’est facile, mais la compassion, ça nous coûte quelque chose. Troisièmement, on est appelé à écouter et non à faire la leçon. Jacques 1:19: “Mes chers frères et sœurs, retenez ceci : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler.” Quand quelqu’un qu’on connaît et qu’on aime a été maltraité, il n’a pas besoin d’entendre d’abord nos conseils, nos corrections ou même notre théologie (aussi bonne soit-elle). Il a besoin de savoir qu’on est prêt à l’écouter. Les gens se moquent de ce que tu sais tant qu’ils ne savent pas à quel point tu te soucies d’eux. L’écoute est l’une des formes les plus pures de l’amour. Quatrièmement, on nous demande de soutenir et non de rester neutres. Proverbes 31:8: « Prends la défense de ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes, pour les droits de tous ceux qui sont démunis.” Il y a des moments où la neutralité n’est pas de la justice. C’est de l’évitement. Si quelqu’un que nous connaissons est maltraité, nous devons l’encourager, nous tenir à ses côtés et l’aider à se protéger si nécessaire. Edmund Burke a écrit: “La seule chose nécessaire au triomphe du mal, c’est que les hommes de bien ne fassent rien.” Jacques 4:17: “Si donc quelqu’un sait faire le bien et ne le fait pas, c’est un péché pour lui.” Cinquièmement, on est appelés à les aider sur le chemin de la guérison. Psaumes 147:3: “Il guérit ceux qui ont le cœur brisé et panse leurs blessures.” La pire chose qu’on puisse dire, c’est: “Appelle-moi si tu as besoin de moi.” Quand le moment sera venu, on doit les aider activement à faire l’expérience de la guérison, ce qui inclut la prière, le partage de la vérité, l’encouragement au pardon et le rappel de leur valeur en Jésus-Christ. On ne minimise pas leur douleur, car leur douleur est leur douleur, mais on ne les laisse pas non plus s’y enliser. Enfin, on est appelés à être comme le Christ. Éphésiens 4:32: « Soyez bons et compatissants les uns envers les autres, et pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.” Ce n’est ni complexe ni compliqué: on doit être le genre de personne que le Christ a été et continue d’être pour nous. Notre plus grand regret dans la vie ne sera pas toujours ce que nous avons fait, mais ce que nous n’avons pas fait. Allons-nous intervenir pour aider ou allons-nous passer de l’autre côté? C’est notre choix. Puissions-nous faire le bon choix aujourd’hui.
