Brûler les bateaux

Nous vivons à une époque où nous avons plein de choix. On a le choix pour tout, des céréales et chips qu’on mange au téléphone qu’on achète à l’Apple Store. On ne se contente plus d’acheter un café chez Starbucks. On choisit la taille, le lait, la quantité de mousse, la température, et si on le veut corsé, très corsé ou “j’ai besoin de Jésus” corsé. Beaucoup d’entre nous pensent qu’on peut suivre le plan de Dieu pour notre vie tant qu’on garde toutes nos options ouvertes. On veut l’obéissance avec une politique de retour, l’engagement avec une stratégie de sortie et la foi avec un plan de secours. On dit: « Seigneur, je te suivrai, mais au cas où, laisse-moi garder les plans B et C dans ma poche arrière.” Il a été écrit: “Certains d’entre nous suivent Dieu avec une main sur la charrue et l’autre sur le panneau de sortie.” On a tous entendu l’expression “Ne brûle pas tes ponts,” et c’est généralement un bon conseil, sauf si le pont nous ramène en arrière et nous éloigne de la volonté de Dieu. Le 19 février 1519, l’explorateur espagnol Hernán Cortés a mis les voiles vers le Mexique avec une escorte de 11 navires, 13 chevaux, 110 marins et 553 soldats. À son arrivée, la population indigène était d’environ cinq millions d’habitants. D’un point de vue purement mathématique, les chances étaient contre lui dans un rapport de 7,541 contre 1. Deux expéditions précédentes avaient échoué à établir une colonie dans le Nouveau Monde, mais Cortés a conquis une grande partie du continent sud-américain. Ce que Cortés aurait fait après son débarquement est une histoire épique aux proportions mythiques. Il a donné un ordre qui a transformé sa mission en un pari risqué : brûler les navires ! Pas de retraite. Pas de plan B. Du coup, la seule façon de rentrer chez lui était d’aller de l’avant. Il a été écrit: “Il n’y a que deux options en matière d’engagement: soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors. Il n’y a pas de juste milieu dans la vie.” Le récit de 1 Rois 19 nous raconte la vie d’Élisée au moment où il est appelé à exercer un ministère prophétique par l’intermédiaire du prophète Élie. Élisée ne s’est pas préparé à plusieurs issues possibles, mais les a toutes brûlées. Élisée n’a pas prié pendant six mois, mais a plutôt allumé une allumette. 1 Rois 19:21: “Élisée le quitta et s’en retourna. Il prit son attelage de bœufs et les égorgea. Il brûla les outils de labour pour cuire la viande et la donna au peuple, qui la mangea. Puis il partit à la suite d’Élie et devint son serviteur.” Dans l’ancien Israël, les bœufs n’étaient pas seulement des animaux, ils représentaient le gagne-pain, l’héritage et l’avenir. La charrue représentait la stabilité, l’identité et le contrôle. C’est là que ça devient choquant. Élisée ne vend pas les bœufs et ne range pas sa charrue. Il ne dit pas: “Si ça ne marche pas avec cette histoire de prophète, je pourrai toujours revenir en arrière.” Il a tué les bœufs. Il a brûlé la charrue. Il a cuit la viande. En gros : pas de retour en arrière possible. Ce n’est pas de l’imprudence, c’est de la détermination. Jésus dira plus tard dans Luc 9:62: « Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas apte au royaume de Dieu.” Quand on n’arrive pas à brûler nos charrues, on commence à vivre et à se contenter du plan B pour notre vie. Les gens du plan A n’ont pas de plan B. C’est tout ou rien. Ils préfèrent échouer en poursuivant leurs rêves ordonnés par Dieu plutôt que de réussir dans quelque chose qui n’a pas d’importance. Il y a des moments dans notre vie où on doit brûler les options de nos échecs et succès passés. On doit brûler les charrues des mauvaises habitudes, des regrets, de la culpabilité et de notre ancien mode de vie. C’est exactement ce qu’Élisée a fait quand il a transformé son équipement de labour en petit bois et a fait rôtir ses bœufs. C’était son dernier repas. C’était le dernier jour de son ancienne vie et le premier jour de sa nouvelle vie. C’était la fin d’Élisée le fermier et le début d’Élisée le prophète. Élisée cuisinait littéralement son ancien mode de vie et le mangeait pour le dîner. Peu importe que nous essayions de perdre du poids, d’entrer à l’université, d’écrire un livre, de créer une entreprise ou de nous désendetter. Le premier pas est toujours le plus long et le plus difficile. Et on ne peut pas simplement faire un pas en avant vers l’avenir. On doit aussi éliminer la possibilité de revenir en arrière vers le passé. C’est comme ça qu’on poursuit nos objectifs, qu’on se débarrasse de nos addictions et qu’on réconcilie nos relations. On laisse le passé derrière nous en brûlant nos vaisseaux. Parfois, la foi, c’est moins garder toutes les options ouvertes que fermer délibérément certaines portes. Brûler la charrue ne veut pas dire que le chemin sera facile. Ça veut dire que notre direction est claire.

La suite

Nous serions ravis de répondre à vos questions ou de vous aider dans les prochaines étapes de votre voyage.