La douleur du rejet
Vincent van Gogh a créé plus de 2 000 œuvres d’art, mais il n’a vendu qu’un seul tableau de son vivant. Il a été rejeté et moqué. Aujourd’hui, ses tableaux valent des millions et sont exposés dans les galeries les plus prestigieuses du monde. Personne n’aime être rejeté. Qu’il s’agisse d’échouer à un examen à l’école, de vivre un divorce, de perdre son boulot ou de ne pas être choisi pour une promotion au travail, on souffre tous quand on est rejeté. Jésus savait ce que c’était que d’être rejeté dans Marc 3:21, où sa famille, après avoir entendu parler des enseignements et des œuvres de Jésus, est venue “pour s’emparer de lui, car ils disaient qu’il avait perdu la raison.” Si on s’est déjà senti rejeté ou indésirable, on a été rejeté. On a tous, à un moment ou à un autre, voulu appartenir à un groupe, s’intégrer, mais on n’a pas été autorisé à le faire. Les gens nous déçoivent, les dirigeants nous trompent. La vie nous réserve souvent des promesses non tenues. Et avec le temps, la confiance peut se briser comme un œuf, répandant son contenu sur nous. L’expérience du rejet peut se transformer en peur du rejet. On a du mal à se mettre dans de nouvelles situations. La peur du rejet peut devenir plus paralysante que le rejet lui-même. On se referme sur nous-mêmes en disant des choses comme: “Je ne serai plus jamais blessé. Je ne m’ouvrirai plus jamais à personne.” Le rejet engendre la peur du rejet, mais aussi le rejet de soi. On peut être plus dur avec nous-mêmes que les autres ne le seraient jamais. Henri Nouwen a écrit: “Le plus grand piège dans notre vie n’est pas le succès, la popularité ou le pouvoir, mais le rejet de soi.” Ça fait mal d’entendre quelqu’un nous dire: “Tu es un horrible conjoint ou parent. Tu es un employé épouvantable. Tu es nul dans ce que tu fais. Comment peux-tu vivre avec toi-même? Tu ne vaux rien.” On peut vivre à la merci du jugement des autres en pensant que si quelqu’un dit qu’on est un loser, on doit être un loser. Si quelqu’un dit qu’on ne vaut rien, on doit ne rien valoir. On dit que “si on vit pour l’approbation des autres, on mourra de leur rejet.” Rien ne fait plus mal que d’être rejeté, surtout par ceux qui nous sont proches. Que faire? Quand on nous rejette, on peut réagir avec élégance. Ce n’est pas parce qu’on a été blessé qu’on doit vivre avec cette blessure. C’est un choix. Quand on nous rejette, on peut choisir d’être en colère, amer et même de s’isoler. Ou on peut choisir de vivre avec élégance. Les gens blessés blessent les autres. Les gens guéris guérissent les autres. Ça veut pas dire qu’on accepte ce qui nous est arrivé. Mais ça veut dire qu’on va choisir d’aller de l’avant vers un avenir meilleur. Le fait que quelqu’un nous ait rejetés peut changer notre vie, mais ça doit pas la ruiner. Quand on est rejetés, rappelons-nous que le jugement des autres à notre égard n’est pas celui de Dieu. Éphésiens 2:10: “Car nous sommes l’œuvre de Dieu, créés en Jésus-Christ pour faire de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance pour nous.” Le mot “œuvre » vient du mot grec “Poiema,” qui signifie “faire de la poésie.” Ce mot désigne ce qui est fabriqué, un produit, une création réalisée par un artiste. Qui est le maître artiste, si ce n’est Dieu? Et qui d’autre que Dieu nous a créés? Aux yeux de Dieu, on est quelqu’un. On est un chef-d’œuvre de Dieu. On est une œuvre d’art. On a de la valeur. On est les enfants de Dieu. Dieu ne fait pas de déchets. On n’est pas ce que les autres disent qu’on est. On est ce que Dieu dit qu’on est. Si Dieu dit qu’on est bien, alors on est bien. Ce qui compte dans la vie, c’est d’obtenir et de recevoir l’approbation de notre créateur. On est sur cette planète pour plaire à une seule personne. Paul écrit dans Galates 1:10: “Est-ce que je cherche maintenant à plaire aux hommes, ou à Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je cherchais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.” Qui essayons-nous de satisfaire? De qui cherchons-nous l’acceptation? Souvenons-nous que Dieu ne permettra jamais à quelqu’un de quitter notre vie sans avoir quelqu’un de mieux à lui offrir. Quand quelqu’un nous rejette, Dieu crée un espace relationnel pour améliorer notre vie. Le rejet peut être un outil précieux pour savoir qui est censé faire partie (ou ne pas faire partie) de notre vie alors que nous passons à la saison suivante. Souvenons-nous que même quand on est rejetés, Jésus est avec nous. Il sait et Il se soucie de nous parce qu’Il est passé par là. Il a été rejeté comme nous, donc Il comprend avec compassion. Peu importe qui nous rejette, Dieu ne le fera jamais.