Le plus grand de tous, c’est l’amour

Si quelqu’un nous demandait quelle est la plus grande joie qu’on ait jamais connue, beaucoup d’entre nous penseraient au jour de notre mariage, à la naissance de notre enfant, au moment où on a tenu notre premier petit-enfant dans nos bras, au jour où on a amené quelqu’un vers le Christ ou à celui où on s’est réconcilié avec une personne qu’on croyait avoir perdue pour toujours. Nos plus grandes joies sont presque toujours liées à nos relations avec les autres. En même temps, si on te demandait quelle a été la plus grande douleur que tu aies jamais ressentie, tu penserais sûrement à un mariage brisé, à la trahison d’un ami en qui tu avais confiance, ou à une critique blessante et injustifiée. Ce sont toujours les gens qu’on aime, ceux qui sont les plus proches de nous, qui nous font le plus de mal, parce qu’on n’aurait jamais pensé qu’ils feraient ou diraient ce qu’ils nous ont fait ou dit. Un inconnu ne peut pas te faire autant de mal qu’un conjoint. Un collègue ne peut pas te décevoir autant qu’un enfant. Une connaissance ne peut pas te blesser autant qu’un ami proche. Plus l’amour est profond, plus la vulnérabilité est grande. Après avoir subi une blessure relationnelle, on peut se surprendre à penser, voire à dire: “Je ne laisserai plus jamais personne me faire de mal. Je ne me rapprocherai plus jamais autant de quelqu’un de toute ma vie.” Quand on érige des murs, on peut se sentir en sécurité sur le plan émotionnel, mais seul sur le plan relationnel. Ces mêmes murs qu’on construit pour tenir les gens à distance sont justement ceux qui nous empêchent de vivre la joie que Dieu a prévue pour nos vies. Henri Nouwen a magnifiquement saisi ce paradoxe quand il a écrit: « Chaque fois qu’on décide d’aimer quelqu’un, on s’ouvre à une grande souffrance, car ceux qu’on aime le plus nous causent non seulement une grande joie, mais aussi une grande douleur. La plus grande douleur vient du départ. Quand l’enfant quitte la maison, quand le mari ou la femme s’en va pour une longue période ou pour de bon, quand l’ami bien-aimé part pour un autre pays ou meurt, la douleur du départ peut nous déchirer. Pourtant, si on veut éviter la souffrance du départ, on ne connaîtra jamais la joie d’aimer. Et l’amour est plus fort que la peur, la vie plus forte que la mort, l’espoir plus fort que le désespoir. On doit avoir confiance dans le fait que le risque d’aimer vaut toujours la peine d’être pris.” La question n’est pas de savoir si l’amour fait mal, mais si l’amour vaut la peine de souffrir. C’est pour ça que l’amour est un risque. L’amour est un risque parce qu’il nous rend vulnérables. C. S. Lewis a écrit: « Aimer, c’est être vulnérable. Aime quoi que ce soit et ton cœur sera certainement malmené, voire brisé.” Dès l’instant où on aime quelqu’un, on abandonne une partie de son cœur et notre joie devient liée à celle d’une autre personne. Son bonheur affecte le nôtre, sa douleur devient la nôtre, ses larmes deviennent les nôtres. Chaque déception qu’il vit devient notre déception. L’amour n’est pas seulement un risque, il refuse aussi toute distance émotionnelle. Jésus lui-même en a fait l’expérience dans Jean 11:35, où l’on lit que Jésus pleurait alors qu’il se tenait devant le tombeau de Lazare. Jésus savait qu’il était sur le point de ressusciter Lazare d’entre les morts, et pourtant il a quand même pleuré parce qu’il ressentait la perte et le chagrin qui découlaient de son amour pour son cher ami. Jésus ne t’a jamais appelé à la sécurité, mais il t’a appelé à l’amour. Alfred Lord Tennyson a écrit l’une des phrases les plus célèbres de la littérature anglaise: “Mieux vaut avoir aimé et perdu que de n’avoir jamais aimé du tout.” L’amour, ce n’est pas de dire: “J’approuve tout ce que tu fais.” L’amour, c’est dire: “Je t’accepte malgré ce que tu fais.” Accepter les gens, c’est être de leur côté. C’est reconnaître que c’est une très bonne chose qu’ils soient en vie, et souhaiter le meilleur pour eux. Cela dit, c’est un défi. C’est très, très difficile de se résigner au fait qu’on ne peut rien faire, qu’ils sont entre les mains du Seigneur. Seul le Saint-Esprit peut changer les gens. Naturellement, on a envie d’intervenir et de “remettre les choses en ordre.” On veut changer la situation ou la personne pour de bon. Mais dans la vie, on se retrouvera souvent sans la capacité ni l’occasion de le faire. Tout ce qu’on peut faire, c’est aimer. Posons-nous la question aujourd’hui: “Qui avons-nous cessé d’aimer parce qu’on avait peur d’être à nouveau blessé? Qui devrais-tu contacter sur les réseaux sociaux ou par téléphone? Qui a besoin d’entendre de ta part que tu l’aimeras quoi qu’il fasse? La vie est trop courte pour rester dans l’amertume, la colère et le ressentiment. Comme l’apôtre Paul nous le rappelle dans 1 Corinthiens 13:13: « Maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour. Mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.”
