Nous faisons tous de notre mieux

Dans le livre “Lettres d’enfants à Dieu,” un garçon nommé Frank a écrit: “Cher Dieu, je fais de mon mieux.” Ça résume bien notre situation à tous. On fait tous de notre mieux. Pas le mieux qu’on pourrait faire dans nos meilleurs jours. Pas la meilleure version de nous-mêmes qu’on espère devenir. Mais le mieux qu’on peut faire là où on en est actuellement. Quand on oublie ça, on peut devenir durs et critiques. On présume des motivations et on peut qualifier les gens de paresseux, rebelles, peu engagés ou négligents. Mais Jésus nous invite à penser différemment et à voir les gens avec humilité et grâce. On ne sait jamais ce que quelqu’un traverse dans sa vie, quelles peurs, quel chagrin, quels traumatismes ou quelle fatigue façonnent ses émotions. Tout le monde mène un combat qu’on ne peut pas voir. Galates 6:2: « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ.” La grâce change la façon dont on se traite les uns les autres. On est tous des gens imparfaits qui essayons de servir un Dieu parfait. Ecclésiaste 7:20 dit: “Il n’y a personne sur terre qui fasse toujours ce qui est juste et ne commette jamais d’erreur.” Michael Yaconelli a écrit: « L’un de mes dessins animés préférés de Peanuts commence avec Lucy dans sa cabine de psychologie à cinq cents, où Charlie Brown s’est arrêté pour demander des conseils sur la vie. “La vie est comme une chaise longue, Charlie,” dit-elle. “Sur le bateau de croisière de la vie, certaines personnes placent leur chaise longue à l’arrière du bateau pour pouvoir voir où elles sont allées. D’autres placent leur chaise longue à l’avant du bateau pour pouvoir voir où elles vont.” La bonne “docteure” regarde son client perplexe et lui demande: “Dans quelle direction est orientée ta chaise longue?” Sans hésiter, Charlie répond d’un air morose: “Je n’arrive même pas à déplier ma chaise longue.” Charlie et moi sommes des âmes sœurs. Jésus voyait constamment au-delà des comportements pour percevoir le cœur qui se cachait derrière. Là où les autres voyaient des pécheurs, il voyait des fils et des filles. Là où les autres voyaient des échecs, il voyait des personnes en devenir. Maintenant, pour clarifier ça, faire de notre mieux n’est pas une excuse pour arrêter de grandir. Ce n’est pas une permission de rester coincés dans nos vies spirituellement, émotionnellement ou relationnellement. Ce n’est pas un déni de responsabilité, mais simplement une reconnaissance de la réalité. La grâce de Dieu dans nos vies ne nie jamais où nous en sommes, mais nous rencontre là où nous sommes. Eugene Peterson a écrit: « Quand on pèche et qu’on gâche notre vie, on découvre que Dieu ne nous abandonne pas, mais qu’il entre dans nos difficultés et nous sauve.” Dieu ne nous fait jamais honte de nos limites, mais il ne nous abandonne jamais non plus à elles. Voici deux des vérités les plus puissantes de l’Évangile. D’abord, on est pleinement aimés tels qu’on est, ici et maintenant. Blaise Pascal a écrit un jour: « Dieu a fait l’homme à son image, et l’homme lui a rendu la pareille.” Dieu n’est pas comme nous. Il nous aime autant dans nos mauvais jours que dans nos bons jours. Son amour pour nous est constant et fort. Deuxièmement, nous ne sommes pas encore finis. La grâce de Dieu ne diminue pas le niveau de sainteté, elle nous donne la force de continuer à marcher vers elle. Paul a écrit dans Philippiens 1:6: “Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite jusqu’au jour de Jésus-Christ.” C’est l’une des vérités les plus réconfortantes de notre vie chrétienne: Dieu se comporte avec nous comme un père, et non comme un évaluateur de performances. Quand un de nos enfants ou petits-enfants fait ses premiers pas, on ne le critique pas parce qu’il est encore chancelant, mais on se réjouit qu’il marche. De la même manière, Dieu se réjouit de nos efforts sincères pour mener une vie chrétienne, aussi modestes, inégaux ou imparfaits soient-ils. Notre cheminement avec le Christ ne consiste pas à apprendre à colorier sans dépasser les lignes, mais à prendre plaisir à colorier. Michael Yaconelli écrit encore: “La spiritualité n’est pas une formule, ce n’est pas un test. C’est une relation. La spiritualité, c’est pas une question de compétence, c’est une question d’intimité. La spiritualité, c’est pas une question de perfection, c’est une question de connexion. Le chemin de la vie spirituelle commence là où on en est maintenant, dans le désordre de nos vies. Accepter la réalité de nos vies brisées et imparfaites, c’est le début de la spiritualité, non pas parce que la vie spirituelle va supprimer nos défauts, mais parce qu’on abandonne la recherche de la perfection et qu’on cherche plutôt Dieu, celui qui est présent dans l’enchevêtrement de nos vies. La spiritualité, ce n’est pas être réparé ; c’est Dieu qui est là dans le désordre de notre imperfection.” Peut-être qu’aujourd’hui, on peut arrêter d’être si durs avec les autres (et avec nous-mêmes) et réaliser que tout le monde fait de son mieux avec l’aide du Saint-Esprit et qu’une foi authentique, ça veut dire qu’on admet que (de ce côté-ci du paradis) on ne sera jamais complètement au point.
