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Une vie Féconde: Une Étude du Caractère Chrétien

Un beau et bon caractère ne se produit pas tout seul, par hasard. Le caractère chrétien se développe au fur et à mesure que le Saint-Esprit en produit les fruits dans la vie du croyant. Le fruit de l’Esprit, tel qu’il est décrit dans Galates 5.22,23, est le résultat de la présence du Saint-Esprit dans nos vies. L’auteur propose une étude pratique tirée de Galates 5 ainsi que d’autres passages de l’Écriture qui traitent le même sujet. Ce cours souligne l’importance du développement des qualités telles que l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi et leurs effets bénéfiques dans les relations et le service du chrétien.

Leçon 6: La Bonte et La Bienveillance: Les Fruits Jumeles

La bonté et la bienveillance sont des fruits si étroitement liés qu’il est parfois difficile de les distinguer l’un de l’autre. Une personne bonne est aussi une personne gentille ; et une personne gentille est par nature une personne bonne. Ces deux caractéristiques découlent de l’amour. Quelqu’un a dit que la patience (le fruit étudié dans la leçon précédente) est l’amour qui souffre ; la bonté est l’amour compatissant ; et la bienveillance l’amour en action.

Ces traits de caractère qui sont produits en nous par l’Esprit Saint concernent nos relations avec nos semblables. Lorsqu’une personne dit : « C’est quelqu’un de bien », elle sous-entend l’idée de bonté et de générosité envers les autres.

Nous considérons généralement la bonté comme étant une expression d’amour d’une personne envers une autre, et la bienveillance comme une vertu, un critère de pureté. Dans cette leçon, vous verrez que l’usage biblique de ces deux mots est quelque peu différent de l’utilisation courante qui en est faite aujourd’hui, et que la bonté et la bienveillance sont des manifestations, sous plusieurs formes, de l’amour.

Il est frappant de voir que les parents doivent sans cesse dire à leurs enfants « d’être sages et gentils », alors qu’ils n’ont jamais besoin de leur suggérer le contraire. Etre « méchant » semble naturel. En effet, sans l’Esprit de Christ en nous, notre nature est attirée par ce qui est mal et mauvais. Mais le Saint- Esprit produit en nous la bonté et la bienveillance, nous aidant à transmettre au monde l’amour de Jésus. En effet, le monde a besoin de Jésus􀁿c’est à dire de plus d’amour, plus de bonté, plus de bienveillance, plus de douceur, plus de générosité.

IDENTIFICATION DE LA BONTE ET LA BIENVEILLANCE

Les définitions bibliques

Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance. . . (Galates 5.22).

La bonté

Le mot bonté dans Galates 5.22 vient du mot grec chrestotes qui signifie non seulement bienveillance en tant que qualité de  pureté, mais aussi comme une disposition gracieuse dans le caractère et les attitudes. Elle comprend la tendresse, la compassion et la douceur.

Dans Matthieu 11.30, le mot chrestotes est utilisé pour décrire le joug de Jésus. Dans ce passage, Jésus dit : « Car mon joug est aisé (chrestos) et mon fardeau léger ». Le joug de Jésus renvoie au développement d’une vie disciplinée au travers de l’obéissance, la soumission, la vie communautaire, le service et la coopération. C’est une relation qui est bienveillante, douce et plaisante parce qu’elle est basée sur le dévouement et l’amour plutôt que sur la force et la servitude. Nous avons un Maître que nous servons parce que nous L’aimons, et nous nous servons également les uns les autres à cause de notre amour pour Lui. Servir sans aimer est insupportable􀁿mais servir à cause de l’amour est le plus grand des privilèges. Nous en reparlerons plus loin dans la leçon.

Le mot chrestos est de nouveau utilisé dans Luc 5.39 pour décrire le vin vieux qui est moelleux, velouté et doux. Il ne contient aucune amertume. Cela nous aide à mieux comprendre ce que dit l’apôtre Paul lorsqu’il déclare dans Ephésiens 4.31-32 et 5.1-2 :

Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ.

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bienaimés ; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur.

Christ par Son exemple nous montre comment vivre une vie d’amour . . . en offrande comme un parfum de bonne odeur. Dans l’Ancien Testament, les offrandes pour le péché n’ont jamais été décrites comme dégageant une odeur agréable. Mais cela est dit de Jésus, Lui qui s’est donné comme offrande pour notre péché, avec tendresse, compassion et douceur parce qu’Il nous aimait. Jésus a manifesté sous sa forme la plus noble ce que signifie être bon et compatissant envers les autres. C’est pourquoi l’apôtre Paul L’a décrit comme un parfum de bonne odeur, offert avec amour.

Le mot chrestotes (ou chrestos) est quelquefois traduit par le mot « bon » ou « bonté », comme dans 1 Pierre 2.3 : « . . . si vous avez goûté que le Seigneur est bon ». Une référence similaire se trouve dans l’Ancien Testament : « Goûtez et voyez combien l’Eternel est bon ! » (Psaumes 34.9). Ces textes parlent de douceur ; ils parlent d’expérimenter d’une manière personnelle la bonté du Seigneur.

La bienveillance

La bienveillance, comme fruit de l’Esprit, vient d’un mot grec que l’on ne rencontre que quatre fois dans la Bible : agathousune. Comparée à chrestotes, nous voyons que la bienveillance est la pratique ou l’expression de la bonté, c’est-à-dire l’accomplissement de ce qui est bon. Agathousune n’est utilisé que dans les épîtres de Paul dans les passages suivants de l’Ecriture :

1. Romains 15.14􀁿« Pour ce qui vous concerne, mes frères, je suis moimême persuadé que vous êtes pleins de bonté (agathousune )… »

2. Galates 5.22􀁿« Mais le fruit de l’Esprit est amour, joie,
paix, patience, bonté, bienveillance (agathousune). . . »

3. Ephésiens 5.9􀁿« Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté (agathousune), de justice et de vérité… »

4. 2 Thessaloniciens 1.11􀁿« C’est pourquoi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous rende dignes de son appel et qu’il accomplisse en vous avec puissance, tous les desseins bienveillants de sa bonté (agathousune) et l’􀂰uvre de votre foi ».

Dans Romains 15.14, le premier de ces passages, Paul reconnaît que les chrétiens de Rome sont prêts à s’aider les uns les autres. Au verset 15, il les exhorte à le faire, leur rappelant son propre appel à être ministre (littéralement serviteur) de Jésus-Christ. Au verset 16, Paul se compare lui-même à un sacrificateur apportant à Dieu les païens comme une offrande sanctifiée par le Saint-Esprit. Dans chacun de ces passages, nous retrouvons l’expression de la bienveillance.

Ainsi, la bienveillance est en rapport avec le service ou le ministère auprès des autres ; c’est un esprit de générosité mis en action pour servir, secourir et donner. C’est la conséquence naturelle de la bonté􀁿cette qualité intérieure faite de tendresse, de compassion et de douceur. Tout cela se résume en un mot : l’amour. L’amour est bon, c’est-à-dire le contraire du mal. L’amour est bienveillant, cherchant toujours à aider les autres dans leurs besoins.

Comparaisons bibliques

Jésus représente le parfait exemple des différents aspects de la bonté et de la bienveillance. A l’origine de Sa bonté, nous trouvons un caractère moral absolument parfait. Grâce à cela, Il pouvait lancer des défis à Ses ennemis, tel que celui-ci : « Qui de vous me convaincra de péché ? » (Jean 8.46).

La sainteté morale de Dieu telle qu’elle nous est révélée dans la Bible est merveilleuse et toute-puissante. Nous en avons un exemple lorsque 70 hommes moururent à Beth-Chéméch parce qu’ils fixèrent leurs regards sur l’arche de l’Eternel (1 Samuel 6.19), ce qui amena les autres à s’interroger : « Qui peut subsister en présence de l’Eternel, ce Dieu Saint ? » (verset 20). Une partie de la réponse à cette question nous est donnée par David, le Psalmiste, dans le Psaume 15.1-5. Ce passage met en valeur deux conditions :

1. Il faut vivre dans la justice􀁿« Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son coeur, Il ne calomnie pas de sa langue. . . » (versets 2-3).

2. Il faut être bon􀁿« . . . Il ne fait pas de mal à son prochain et ne jette pas le déshonneur sur ses proches. Il repousse celui qui est méprisable à ses yeux, mais il honore ceux qui craignent l’Eternel ; Il ne se rétracte pas, s’il fait un serment à son préjudice. Il ne prête pas son argent à intérêt, et il n’accepte pas de présent contre l’innocent » (versets 3-5).

Ainsi, nous voyons que la bonté est une disposition ou bonne volonté à faire ce qui est juste et bon. C’est tout à fait le contraire de la disposition à faire le mal telle qu’elle est décrite dans Proverbes 4.16 : « Car ils ne dormiraient pas, s’ils n’avaient fait le mal, ils seraient privés de sommeil, s’ils n’avaient fait trébucher personne ».

L’une des manières par lesquelles Jésus révéla Sa bonté fut le toucher, le contact direct. Il imposa les mains aux petits enfants. Il toucha les malades et les affligés. En certaines occasions, ce sont les autres qui Le touchèrent, soit pour recevoir de Lui la guérison ou pour Lui manifester leur amour et dévotion. Toujours est-il que quiconque Le toucha fut béni. Que ce toucher du Seigneur, empreint de compassion, est bon et apaisant, lorsqu’il atteint, au travers de nous, quelqu’un qui en a besoin !

La bienveillance, elle, est un peu plus poussée que la bonté. William Barclay la définit comme « la vertu équipée à tous points de vue » (1976, p. 51). Puis il va plus loin et compare la bonté et la bienveillance : « Quelle est la différence ? Agathousune (la bienveillance) pourrait et peut réprimander et discipliner ; tandis que chrestotes (la bonté) ne peut qu’aider » (p. 51). Ainsi, quand Jésus se rendit au temple et en chassa les marchands, Il fit preuve
de bienveillance (Luc 19.45-46). Lorsqu’Il pardonna la femme prise en flagrant délit d’adultère, Il fit preuve de bonté (Jean 8.10- 11). Lors de Son procès, Il usa de bienveillance quand Il défia le garde qui L’avait giflé (Jean 18.23). Un peu plus tôt dans le jardin de Gethsémané, quand l’un de Ses disciples prit son épée et coupa l’oreille du serviteur du souverain sacrificateur, Jésus usa de bonté en touchant l’oreille de cet homme et le guérissant (Luc 22.51). Barclay en conclut que « le chrétien a besoin de cette bienveillance qui peut tout à la fois manifester la bonté et la force » (p. 51). Ceci est constamment démontré dans le comportement de Dieu à notre égard􀁿lorsqu’Il réprimande et discipline (bienveillance) c’est uniquement dans le but de nous amener à la repentance et de nous manifester Sa grande miséricorde (bonté). (Voir Romains 11.32 et Psaume 25.8).

DESCRIPTION DE LA BONTE ET DE LA BIENVEILLANCE

La bonté et la bienveillance de Dieu

La bonté. Certaines personnes se font une fausse idée de Dieu en L’imaginant comme un juge colérique et impitoyable, prêt à condamner le pécheur et à l’envoyer dans les ténèbres du dehors. Pourtant la Bible nous révèle Dieu comme un Père céleste compatissant et plein d’amour, prêt à bénir Ses enfants à tous points de vue. Le Psaume 103.13 nous affirme : « Comme un père a compassion de ses fils, l’Eternel a compassion de ceux qui le craignent ».

Le prophète Esaïe représente Dieu comme un berger doux et tendre avec Ses agneaux : « Comme un berger, il fera paître son troupeau, de son bras il rassemblera ses agneaux et les portera dans son sein ; il conduira les brebis qui allaitent » (Esaïe 40.11). Luc 11.13 est un autre exemple nous montrant à quel point Dieu désire faire preuve de bonté à notre égard : « Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».

Le Psalmiste se réfère constamment à la bonté du Seigneur en ces termes : « Dieu est bon » (Voir Psaumes 73.1, 86.5, 105.5, 106.1, 107.1, 136.1). Tout au long des Psaumes se fait entendre cette douce mélodie, alors que le Psalmiste fait sans cesse référence à la bonté comme étant la base du pardon et de l’attention que Dieu prête à nos prières et à leur exaucement. Les jugements de Dieu sont miséricordieux. Dans le Psaume 119.39, David parle de sa honte à cause de ses échecs, concluant que les lois de Dieu sont bonnes. David faisait ici allusion à l’attribut de la bonté, qui donne de l’espérance au pécheur repentant.

La bonté de Dieu s’étend à tous les hommes : « Il est bon pour les ingrats et pour les méchants » (Luc 6.35). Mais la raison pour laquelle Il est bon est qu’Il désire nous amener à la repentance (Romains 2.4). Cette divine bonté ne vise pas simplement à notre salut, nous conduisant au pardon des péchés, mais elle désire également nous rendre sains. Nombreux sont ceux qui profitent de la grande bonté de Dieu pour continuer à pécher. C’est une erreur terrible et dangereuse. L’apôtre Paul met en garde à ce propos dans Romains 11.22 :

Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures dans cette bonté ; autrement, toi aussi tu seras retranché.

La bienveillance. Toute personne sur terre devrait être reconnaissante envers Dieu de Ses continuelles et merveilleuses bénédictions. Le Psaume 145.9 déclare : « L’Eternel est bon envers tous, et ses compassions s’étendent sur toutes ses 􀂰uvres ». Et Matthieu 5.45 dit : « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ». Les personnes rebelles ne méritent certainement pas de telles bénédictions, mais la bienveillance de Dieu s’étend à tous. Dans Jean 1.16, il est écrit : « Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ». Chacun devrait sans cesse remercier Dieu pour Ses bénédictions telles que la vie, la santé, la pluie, les récoltes, la famille, la satisfaction de nos besoins quotidiens, la protection ou autres choses que nous recevons de Lui. Comme l’apôtre Jacques l’a écrit : « Tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d’en-haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement, ni ombre de variation » (Jacques 1.17).

Les principes de bonté et de bienveillance

Le service à l’égard d’autrui

La piété et la bienveillance ne sauraient être dissociées. Deux principes divins sont mis en cause ici : 1) le salut personnel, et 2) le service à l’égard d’autrui. La bienveillance faisait partie du plan de Dieu pour l’homme depuis l’origine des temps. La condition spirituelle de l’homme affecte ses relations sociales. Ceci est très bien illustré par les deux plus grands commandements (voir Marc 12.29-31) :

Dans les exemples tirés de la Genèse, Dieu posa Sa première question à Adam et Eve, immédiatement après qu’ils eurent péché en Lui désobéissant. Ce fut une question de sollicitude à l’égard de leur condition spirituelle. Sa deuxième question fut pour Caïn aussitôt après qu’il eût tué son frère Abel. Ce fut une question de sollicitude à cause du mal qu’il avait fait à son frère.

Quant aux exemples tirés du livre de Luc, il s’agit des deux questions posées par un docteur de la Loi à Jésus. La première concerne sa condition spirituelle et la deuxième sa condition sociale. Sa relation personnelle avec Dieu doit, bien sûr, être traitée en premier : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton c􀂰ur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ». Le commandement concernant sa façon de servir les autres suit immédiatement après : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

L’enseignement que nous pouvons tirer de ces questions est l’importance de la bonté et de la bienveillance comme fruits de l’Esprit. Lorsque ce fruit spirituel est produit en nous, nous voyons alors les autres comme Dieu les voit, et nous allons audevant d’eux mus par l’amour divin manifesté en nous. Notre service a pour but d’amener les autres à connaître Jésus-Christ comme leur Sauveur personnel et à les assister dans leurs besoins éventuels. Il peut s’agir de communion et d’amitié fraternelle, d’hospitalité, d’aide pour résoudre des problèmes, du besoin d’être encouragé et, plus que tout, d’être aimé.

Nous ne sommes pas sauvés parce que nous faisons le bien et que nous sommes saints, mais parce que Jésus est mort à notre place comme notre Rédempteur. Maintenant, en tant que chrétiens, nous reflétons l’amour de Christ envers le monde par le moyen du fruit de l’Esprit produit en nous. Nous n’agissons pas ainsi pour obtenir le salut, mais parce que nous sommes déjà sauvés. Nous ne sommes pas sauvés à cause de ce que nous faisons, mais à cause de la grâce de Dieu et de la foi en ce que Jésus a fait pour nous par Son expiation.

La générosité

Un homme bon qui se consacre au service des autres est riche même s’il ne possède aucun bien matériel. C’était certainement le cas des chrétiens de l’église de Smyrne mentionnée dans Apocalypse 2.9. « Je connais ta tribulation et ta pauvreté􀁿et pourtant tu es riche ! » Les églises de Macédoine étaient dans le même cas puisque dans 2 Corinthiens 8.2-3, Paul les loua : « Quoique très éprouvés par des tribulations, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités : selon leurs possibilités, je l’atteste, et même au-delà de leurs possibilités ».

Comme cela est décrit dans le passage biblique précédant, un des traits distinctifs de la bienveillance chrétienne, ou agathousune, est la générosité, ou encore le fait d’avoir le coeur sur la main. Donner la dîme à Dieu et Lui faire des offrandes est une façon de reconnaître que tout ce que nous avons vient de Lui. Après que les Israélites eussent apporté leurs dons pour la construction du temple, David loua le Seigneur pour ces offrandes. Puis il s’exclama : « Car qui suis-je et qui est mon peuple, que nous soyons capables de faire de pareilles offrandes volontaires ? Tout vient de toi, et c’est de ta main que vient ce que nous te donnons ! » (1 Chroniques 29.14). David reconnut que Dieu seul était à l’origine de leur sécurité financière. Les gens essaient souvent de s’assurer une telle sécurité au travers de possessions qu’ils accumulent. Mais le principe biblique de la vraie sécurité repose sur l’idée de donner avec générosité, d’avoir le c􀂰ur sur la main, parce que Dieu bénit celui qui est généreux. Ce principe, nous le trouvons énoncé dans Deutéronome 15.10-11 :

Fais-lui un don, et que ton c􀂰ur ne lui donne pas à regret : car, à cause de cela, l’Eternel, ton Dieu, te bénira dans tous tes travaux et dans toutes tes entreprises. Il ne manquera pas de pauvres au milieu du pays ; c’est pourquoi je te donne ce commandement : Tu devras ouvrir ta main à ton frère, au
malheureux et au pauvre dans ton pays.

C’est en donnant qu’une personne commence à comprendre combien il est important de ne pas trop s’attacher aux choses qui périssent. Jésus n’a-t-Il pas dit : « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent, mais amassez des trésors dans le ciel. . . Car là où est ton trésor, là aussi sera ton c􀂰ur » (Matthieu 6.19-21) ?

Dans de nombreux endroits du monde, l’􀂰uvre du Seigneur connaît des difficultés à cause de chrétiens avares. Ils ne donnent rien, mais ils ne reçoivent rien non plus. Quand la bienveillance en tant que fruit de l’Esprit se voit dans la vie d’un croyant, elle se reconnaît à sa générosité, comme ce fut le cas dans l’église de Macédoine.

La bienveillance, la droiture et la vérité

Il existe une relation entre la bienveillance, la droiture et la vérité qui nous révèle certains principes très importants. Ephésiens 5.9 nous affirme : « Car la lumière produit toute sorte de bonté, de droiture et de vérité » (La Bible en français courant). La bienveillance est liée à la miséricorde ; la droiture est liée à la justice ; et la vérité est liée à la connaissance. Grâce au diagramme suivant, vous comprendrez mieux combien la bienveillance de Dieu à notre égard est merveilleuse ainsi que ce qu’elle représente.

« Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1.17). La loi possédait la vérité mais pas la grâce, tandis qu’en Jésus nous possédons la vérité et la grâce. Gloire soit rendue à Dieu ! Au moyen de la grâce de Dieu manifestée au travers de notre Seigneur Jésus-Christ, nous recevons non pas ce que nous méritons, mais ce que Son amour et Sa grâce nous octroient librement.

L’excellence de la bienveillance peut être résumée par ce qui est considéré par beaucoup comme la Règle d’Or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes » (Matthieu 7.12). En d’autres termes, nous devons traiter les autres de la même manière dont Dieu nous traite􀁿à savoir avec miséricorde et grâce.

Lorsque Paul félicita les chrétiens de Corinthe pour leur générosité (2 Corinthiens 8.1-15), il leur rappela que c’était la grâce de Dieu agissant en eux qui les poussait à une telle action. Le mot charis, signifiant « grâce » est utilisé six fois : aux versets 1, 4, 6, 7, 9 et 19. Ce mot charis est étroitement lié au Saint-Esprit qui produisit chez ces chrétiens le fruit de la bienveillance, ou de la libéralité.

ILLUSTRATION DE LA BONTE ET DE LA BIENVEILLANCE

Exemples bibliques

La Bible regorge d’exemples de bonté et bienveillance d’hommes et de femmes de Dieu à l’égard de leur prochain. Nous allons voir quelques-uns de ces exemples de façon à pouvoir comprendre comment ce fruit spirituel peut se manifester dans nos vies.

Job était non seulement un homme patient, mais également un exemple vivant de bonté et de bienveillance. Voici la description qu’il donne de lui-même :

J’étais des yeux pour l’aveugle et des pieds pour le boiteux. J’étais un père pour les pauvres, j’examinais la cause de l’inconnu ; je brisais la mâchoire de l’injuste et j’arrachais la proie de ses dents. . . L’étranger ne passait pas la nuit dehors, j’ouvrais ma porte au voyageur (Job 29.15-17 ; 31.32).

David. Il est touchant de voir que la bonté de David s’étendait jusqu’à la maison de son ennemi, Saül. David appela cette bonté impartiale « la bienveillance de Dieu » (2 Samuel 9.1-3). C’est le plus haut degré de bonté. Cette bonté impartiale fut aussi le sujet d’un enseignement de Paul à
Timothée : « Or il ne faut pas que le serviteur du Seigneur ait des querelles. Il doit au contraire être affable envers tous » (2 Timothée 2.24). Cette bonté impartiale devrait être présente dans la vie de chaque chrétien ; elle représente l’une des dimensions du fruit de l’Esprit.

Dans 2 Samuel 24.14, David prit une décision et dit : « Oh ! tombons entre les mains de l’Eternel, car ses compassions sont immenses; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » David avait pu faire l’expérience de la bonté de Dieu à maintes reprises par le passé, et il choisit de s’en remettre à la merci de l’Eternel plutôt qu’à celle des hommes.

Paul était connu pour sa méchanceté à l’égard des chrétiens avant sa conversion ; lui-même en rendit témoignage. Mais lorsqu’il fut une nouvelle créature en Christ, il put dire : « Mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. Comme une mère prend soin de ses enfants » (1 Thessaloniciens 2.7).

Jésus fit également preuve de bonté durant les derniers moments précédant Sa mort. Alors qu’Il était sur la croix, Il s’assura que quelqu’un prendrait soin de Sa mère (Jean 19.26- 27). Il demanda aussi au Père de pardonner à ceux qui L’avaient crucifié (Luc 23.34).

Etienne est, lui aussi, un exemple remarquable, pour avoir suivi son Maître en faisant preuve de bonté. Au lieu de désirer la mort de ses persécuteurs, il pria pour eux alors qu’ils le lapidaient (Actes 7.59-60).

Application personnelle􀁿Servir dans l’amour

Les dimensions spirituelles de la bonté et de la bienveillance impliquent le service chrétien. L’apôtre Paul mit l’accent sur l’importance du service les uns pour les autres :

Frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair, mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celleci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si
vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde de ne pas être détruits les uns par les autres (Galates 5.13-15).

Dans ce passage, les mots soyez serviteurs se réfèrent au service rendu par un esclave. Cela nous ramène à l’Ancien Testament. Après avoir donné les dix commandements, Dieu parla de l’idolâtrie et des autels. C’est alors qu’Il donna des lois au sujet des esclaves (Exode 21.1-6). Parmi les Juifs il n’y avait pas d’esclaves, sauf si l’un d’entre eux était un voleur ou s’il était endetté et incapable de payer ce qu’il devait à cause de sa pauvreté. Lorsque c’était le cas, il pouvait être vendu, mais seulement pour un maximum de six années. Pendant cette période, il était traité comme un employé payant sa dette jusqu’à la septième année. Une fois les six années écoulées, sa liberté lui était automatiquement rendue. Mais si un esclave aimait son
maître et désirait rester avec lui, il devait alors passer devant des juges et on lui perçait l’oreille. A partir de ce jour, il appartenait à son maître pour le restant de sa vie, de son propre choix. Une telle personne est parfois appelée « un esclave d’amour ».

Dans le Psaume 40.7-9, parlant alors du Messie à venir, le Psalmiste s’offrit lui-même comme « esclave d’amour » :

Tu n’as désiré ni sacrifice ni offrande, tu m’as ouvert les oreilles ; tu n’as demandé ni holocauste ni sacrifice pour le péché. Alors je dis : Voici je viens. . . Je prends plaisir à faire ta volonté, mon Dieu !

Jésus-Christ Lui-même est venu comme serviteur « d’amour ». En fait, dans Esaïe 42.1 et 52.13, le Seigneur est appelé serviteur. Il le confirma Lui-même dans Matthieu 20.28 : « C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup ».

L’apôtre Paul exhorta les Galates à être au service les uns des autres dans l’amour. Plus tard, il leur conseilla de porter les fardeaux les uns des autres (Galates 6.2). Dans ce cas précis, le mot fardeau vient du terme baros signifiant « poids ». Dans Galates 6.5, où il déclare que chacun doit porter son propre poids, Paul fait allusion à un quota, à une certaine dose. Ainsi nous devrions partager le poids de nos fardeaux.

Servir dans l’amour est l’une des expressions de la bonté, et cela devrait commencer au sein de notre propre famille. Le foyer est le meilleur endroit où manifester le fruit de l’Esprit. Certains chrétiens arrivent facilement à se montrer bons envers les gens de l’extérieur, mais une fois chez eux, la bonté et la bienveillance leur font défaut. Servir avec amour est une preuve de fécondité spirituelle qu’il est bon de pouvoir manifester à sa propre famille.

Les passages suivants de l’Ecriture résument l’importance de servir dans l’amour :

Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi (Galates 6.9-10).

Avant tout, ayez les uns pour les autres un amour constant, car l’amour couvre une multitude de péchés. Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer. Puisque chacun a reçu un don mettez-le au service des autres en bons intendants de la grâce si diverse de Dieu (1 Pierre 4.8-10).

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