Leçon 4 : Luc et Jean

Comme vous l’avez déjà vu, il est impossible de lire l’un ou l’autre des évangiles sans être profondément impressionné par Jésus en tant qu’homme—ses paroles, ses miracles, son amour altruiste. Vous avez vu comment Matthieu a retracé sa ligne ancestrale et prouve son droit au trône de David. Marc, lui, s’attache à montrer sa vie de service actif et dévoué. Vous avez également considéré les différents aspects de la relation spéciale qui existe entre les évangiles synoptiques dont Matthieu et Marc font partie.

Dans cette leçon, nous examinerons de plus près l’évangile de Luc, troisième évangile synoptique, et celui de Jean, écrit par le disciple que Jésus aimait. Ces deux évangiles sont aussi distinctifs. Luc faisait appel à l’intelligence des païens alors que Jean intéressait les philosophes. Luc parle des circonstances qui entourent la naissance de Jésus, et Jean le présente comme la Parole éternelle, Celui dont l’ existence remonte au commencement.

Luc et Jean présentent cependant tous deux Jésus comme le Fils de Dieu, le Sauveur de l’humanité. Il n’y a aucun doute qu’il était venu pour offrir le salut aux hommes du monde entier. En étudiant l’idée particulière qu’ils ont pu se faire de la personne et du ministère de Jésus, vous vous sentirez inspiré à louer le Seigneur et à l’aimer encore davantage.

 

Objectif 1. Citer certains faits importants concernant l’auteur, le thème, les particularités et le contenu de l’évangile de

Luc.

L’évangile de Luc a été écrit par un homme que l’apôtre Paul appelle « le médecin bien-aimé » (Colossiens 4.14). Luc parle lui- même de son récit et dit qu’il s’agit d’un livre destiné à retracer « tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner, jusqu’au jour où il fut enlevé (au ciel) » (Actes 1.1-2). En étudiant l’évangile qui porte son nom, nous apprendrons à mieux connaître le Seigneur que Luc aimait et au sujet duquel il a écrit avec tant d’éloquence.

Auteur

D’après la preuve néo-testamentaire, nous pouvons conclure que Luc était un Gentil fort éduqué. Il était bien versé dans les connaissances médicales de son époque. Probablement originaire d’Antioche, il est aussi l’auteur du livre des Actes dans lequel il expose les événements relatifs à la création et à l’expansion de l’Eglise. Pour décrire son évangile de manière précise, on peut dire qu’on est en présence de la première partie d’un volume consacré à l’histoire des débuts du christianisme (la seconde partie

Luc et Jean

Thème

En écrivant le récit de la vie de Jésus, Luc insiste sur les aspects humains, historiques et théologiques de sa vie.

L’humanité de Jésus est certes un facteur important qui nous est présenté là. De nombreux exégètes ont décrit l’évangile de Luc comme l’évangile de Jésus en tant qu’homme. Son auteur nous y montre que Jésus a été l’un d’entre nous et qu’il a partagé chacune des expériences communes à la vie humaine.

 

Luc souligne également la nature historique de la vie de Christ. Il a fait une étude approfondie de tous les facteurs importants de cette vie afin d’en faire un récit exhaustif (1.3). Il parle d’abord d’événements particuliers qui se sont produits en Palestine à l’époque de la naissance de Jésus (2.1, 3).Il mentionne le nom des chefs politiques et des souverains sacrificateurs au pouvoir lorsque Jean-Baptiste a débuté son ministère (3.1-3). Ces détails permettent de placer la vie de Jésus à une certaine époque de l’histoire politique de la région. Ils établissent le fait que Jésus était un personnage historique, un homme chargé d’une mission au sein de circonstances très réelles et des troubles que subissait la Palestine du premier siècle.

 

Luc met également en évidence certains aspects théologiques du ministère de Jésus qui, tous, sont liés à l’identité du Seigneur et à son Ïuvre de salut. Luc souligne par exemple le fait que Jésus parle souvent de lui-même en ces termes : « le Fils de l’homme ». C’est le nom que donne Daniel à la personne qu’il voit dans sa vision, selon la description de Daniel 7.13 et 14. Pour Daniel, cet être ressemblait à un homme, à un membre de la race humaine.

 

En utilisant l’expression « Fils de l’homme », Jésus s’identifiait à l’individu que Daniel avait vu dans sa vision prophétique. Il faisait cependant plus encore. Il annonçait qu’en tant que Fils de l’homme, il était destiné à souffrir, à mourir et à ressusciter (9.22). Les disciples ne pouvaient le comprendre (9.44-45), car une telle déclaration révélait que le Fils de l’homme, qui viendrait avec une grande puissance et avec gloire, serait d’abord rejeté.

Après avoir établi l’identité de Jésus, Fils de l’homme, Luc met aussi en avant son Ïuvre de salut et son rôle de Rédempteur. Il nous dit en quels termes la prophétesse Anne a parlé de l’enfant Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem (2.38). Il raconte enfin comment les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs ont affirmé penser que Jésus était le libérateur d’Israël (24.21).

 

Le processus de la rédemption avait été établi par Dieu, et les Juifs le connaissaient bien. Une chose (ou une personne), lorsqu’elle avait été vendue, pouvait être rachetée par un proche parent de celui qui en avait disposé. Le propriétaire original pouvait alors en reprendre possession. (Le livre vétéro- testamentaire de Ruth est une illustration magnifique de ce genre de transaction.) Le « rédempteur » devait être un parent de celui qui avait besoin d’aide.

 

Particularités

En plus des différents aspects de la vie de Jésus sur lesquels Luc insiste, on remarque diverses particularités dans son évangile. L’auteur accorde par exemple une attention spéciale au rôle joué par certains groupes d’individus comme les femmes, les enfants et les pauvres. D’autre part, les mots utilisés et les détails qui apparaissent dans le texte montrent que cet homme avait des connaissances dans le domaine médical. Luc est le plus littéraire des quatre évangiles ; il comprend un ou deux chants et poèmes magnifiques, et son vocabulaire est d’une grande richesse. Ses pages révèlent également un intérêt pour l’Ïuvre du Saint-Esprit et pour le message de Christ dont l’importance est mondiale. Toutes ces particularités donnent à l’évangile de Luc son caractère spécial. Considérons quelques exemples de chacun d’entre eux.

Le rôle des femmes, des enfants et des pauvres

Luc décrit souvent les femmes et les enfants impliqués à la vie et au ministère de Jésus de façon plus détaillée que Marc ou Matthieu. Dans son récit, il communique également plusieurs histoires et paraboles où il est question de pauvreté et de richesse ; la plupart d’entre elles n’apparaissent dans aucun autre évangile.

Parmi les paraboles sur la richesse et la pauvreté qui n’appartiennent qu’à l’évangile de Luc, nous avons l’exemple frappant du riche insensé (Luc 12.13-34). Ce récit nous enseigne combien il est important de discerner ce que sont les véritables richesses !

Le point de vue d’un médecin

De nombreux exégètes bibliques estiment que l’évangile de Luc offre à plusieurs reprises la preuve qu’il a bien été rédigé par un médecin. Dans son récit, Luc se préoccupe davantage des malades que ne le font Marc et Matthieu. Notez par exemple comment il décrit la maladie guérie par Jésus dans les cas suivants :

Marc 1.30 « Luc 4.38 «

Marc l.40 « Luc 5.12 «

Marc 3.1 « Luc 6.6

Marc 14.47 Luc 22.50-51

. . . couchée, elle avait de la fièvre » était atteinte d’une forte fièvre »

un lépreux vint à lui »
un homme couvert de lèpre le vit »

un homme qui avait la main sèche »
« un homme dont la main droite était sèche »

l’oreille d’un homme est emportée
Jésus guérit celui dont l’oreille avait été emportée.

Luc et Jean 95 Le caractère mondial de l’Ïuvre de Jésus

Cet évangile montre que Luc tenait à montrer clairement l’importance mondiale de la vie et de l’Ïuvre de Jésus. Dans ses écrits, Jésus ne nous est pas révélé uniquement comme un personnage ayant vécu à un certain moment de l’histoire juive, mais aussi comme le Sauveur de tous les hommes. Ses miracles et ses enseignements se dirigeaient souvent vers les nations païennes. L’exercice qui suit vous permettra de lire divers passages où cette vérité se trouve illustrée. Plusieurs d’entre eux n’apparaissent que dans l’évangile de Luc.

L’Ïuvre du Saint-Esprit

Parmi les trois évangiles synoptiques, Luc est celui qui fait le plus souvent allusion à l’Ïuvre du Saint-Esprit. Il montre d’abord à quel point le Saint-Esprit se trouve mêlé à tous les détails de la vie de Christ, puis il relève certains aspects de son ministère dans la vie d’autres personnages importants.

La beauté littéraire

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Dans son récit évangélique, Luc nous donne quatre chants et poèmes magnifiques. Ce sont le cantique de Marie (1.46-55), la prophétie de Zacharie (1.67-79), la louange des anges (2.14) et la prière de Siméon (2.29-32). Chacun d’entre eux est un chef- d’Ïuvre d’expression et de louange qui donne au texte de Luc une beauté toute particulière. Les talents littéraires de Luc se discernent en outre dans la manière dont il relate les divers événements de la vie de Jésus, les paraboles et les enseignements du Maître. Notez par exemple la description frappante du fils prodigue et de son frère jaloux (15.11-32), celle du Pharisien pompeux et du publicain affligé (18.9-14). L’habileté avec laquelle Luc nous transmet les enseignements de Jésus donne vie aux différents personnages dont il est question.

Le style de narration de Luc est tout aussi remarquable. Nous nous sentons profondément touchés et en même temps encouragés en lisant sa simple description de la façon dont Jésus est apparu à ses disciples abattus sur le chemin d’Emmaüs (24.13-32). Luc était véritablement un artiste dans l’art des mots, et nous sommes de ceux qui bénéficient de son talent.

Contenu

Chez Luc, les événements se déroulent dans le même ordre que dans les évangiles de Matthieu et de Marc. On trouve là également beaucoup de renseignements qu’on ne retrouve pas ailleurs. Le but de l’auteur était de présenter Jésus comme l’homme parfait, rempli de la puissance du Saint-Esprit et Sauveur de l’humanité tout entière ; son évangile est le seul, parmi les textes synoptiques, où le titre de « Sauveur » est attribué à Jésus (2.11).

Utilisez le plan ci-dessous pour vous aider dans la lecture de l’évangile de Luc. Relevez dans votre cahier la réponse à chacune des questions qui vous sont posées. Apprenez par cÏur les titres et les références des différents chapitres ou versets.

LUC : L’EVANGILE DU SAUVEUR
I. La préparation du Sauveur. Lisez 1.1 à 4.13.

II. Le Sauveur exerce son ministère. Lisez 4.14 à 9.17.

III. Le Sauveur face à l’opposition. Lisez 9.18 à 19.28.
La plupart de ce que l’on trouve dans cette section appartient exclusivement à Luc. Et plus précisément encore, disons que ce qui nous est raconté dans Luc 9.51 à 18.14 et dans 19.1-28 n’est répété dans aucun autre évangile.

 

JEAN : L’EVANGILE DU FILS DE DIEU
Objectif 2. Savoir décrire l’auteur, le thème, les particularités et le contenu de l’évangile de Jean.

Pour beaucoup, l’évangile de Jean est le livre préféré de la Bible. Il possède en effet une profondeur spirituelle et une beauté unique; son message frappe l’attention et saisit le cÏur de manière puissante et irrésistible. Ecrit par l’apôtre Jean, « le disciple que Jésus aimait », ce texte entraîne le lecteur dans une communion intime avec le Maître, que seuls ceux qui étaient les plus proches de lui pouvaient expérimenter. En étudiant la vérité qui nous est présentée ici, prions afin de jouir à notre tour d’une communion plus intime et plus riche avec Jésus.

Auteur

La plupart des exégètes bibliques sont d’accord pour dire que l’apôtre Jean est l’auteur du quatrième évangile. Jean était l’un des disciples de Jésus. Avec Pierre et Jacques, il faisait partie du « cercle des intimes » ; il était l’un des associés les plus proches du Seigneur (Marc 5.37 ; 9.2 ; 14.33). Il était « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13.23 ; 19.26 ; 20.2 ; 21.7, 20). Jacques était son frère, et tous deux étaient les fils de Zébédée (Matthieu 4.21). Ajoutons enfin que Jean a été le témoin oculaire des événements qu’il relate (Jean 1.14 ; 19.35 ; 21.24).

  1.  

Thème

Jean déclare lui-même quel était son but en écrivant le récit de la vie de Christ.

Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom (Jean 20.30-31).

Ainsi, Jean a soigneusement choisi le contenu de ses écrits avec un objectif précis en tête : aider les hommes à croire que Jésus est le Fils de Dieu. Les détails sur lesquels il a porté son choix mettent en avant les Ïuvres et les paroles de Jésus. Ensemble, ils forment la preuve convaincante que Jésus était réellement qui il prétendait être. Jean nous montre aussi quelle était la réaction des gens face à Christ, ce qui servait à illustrer son thème principal de foi.

Jean accorde toute son attention aux Ïuvres que Jésus accomplissait. Dans son évangile, il fait le récit de sept miracles. Il les appelle des signes car, ensemble, ils démontrent l’autorité totale de Jésus, Fils de Dieu, et ils désignent manifestement sa déité.

En plus des sept signes déjà mentionnés, il y a celui que l’on peut considérer comme le plus grand de tous : la résurrection de Jésus (chapitres 20 et 21). Paul dit que Jésus est « déclaré Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts » (Romains 1.4). Cet événement était la preuve suprême de sa filiation divine.

Jean accorde aussi une place importante aux paroles de Jésus. La plupart des discours qu’il transmet dans son texte sont ceux où Jésus présente divers aspects de sa personne. On peut citer parmi eux les sept principaux passages où Jésus dit : « Je suis », et qui sont les suivants.

Plusieurs exégètes bibliques voient dans ces déclarations le développement d’Exode 3.14 où Dieu dit à Moïse que son nom est « Je suis celui qui suis ». Ces déclarations de Jésus non seulement affirment la déité de Christ (voir 8.58), mais elles montrent aussi comment il nous a révélé le Père.

Après avoir souligné les paroles et les Ïuvres de Jésus, Jean accentue les entretiens personnels entre Jésus et différentes personnes, hommes ou femmes. Il nous montre comment il les encourageait à croire en lui. Les rencontres qui sont ainsi décrites sont une illustration vivante du thème principal de l’évangile de Jean : croire en Jésus-Christ.

En examinant ce que Jean nous rapporte des paroles, des Ïuvres et des entretiens personnels de Jésus, on ne peut douter de la raison pour laquelle il a écrit un tel témoignage : présenter la vérité selon laquelle la foi en Jésus, le Fils de Dieu, est l’unique clé, absolument essentielle, à la vie elle-même (Jean 3.36).

Particularités

L’évangile de Jean possède plusieurs particularités. Nous en examinerons trois, parmi les plus notables, qui sont : le rapport avec les évangiles synoptiques, le vocabulaire et sa façon particulière de voir Christ.

Le rapport avec les évangiles synoptiques

En comparant l’ évangile de Jean aux trois évangiles synoptiques, on est frappé par un contraste évident. Malgré tout ce qui les distingue les uns des autres, les évangiles synoptiques se ressemblent beaucoup; pourtant, aucun ne se rapproche réellement de Jean. Prenons par exemple le ministère de Jésus en Galilée, qui a généralement une grande place dans les évangiles synoptiques ; dans Jean, l’auteur s’attache surtout au ministère de Jésus en Judée. A l’exception des deux miracles racontés au chapitre 6, versets 1 à 24, et de ce qui nous est dit au sujet du jugement, de la mort et de la résurrection de Jésus, aucun des détails relevés dans Jean n’apparaît ailleurs.

S’il faut relever ces quelques différences, il faut cependant signaler d’importants liens entre Jean et les autres évangiles. Ce que présente Jean n’apparaît peut-être pas ailleurs, mais rien ne vient cependant contredire les autres récits. Jean offre au contraire un supplément et sert d’antécédent à des événements décrits par les autres auteurs. En étudiant par exemple les évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, nous pourrions conclure que le ministère de Jésus n’a duré qu’un an au plus. Jean mentionne cependant trois Pâques (et même quatre), et nous savons qu’une telle fête était célébrée une fois par an. Nous savons par conséquent que Jésus a exercé son ministère au moins pendant trois ans. Ce que Jean nous apprend vient également illuminer ce que disent les évangiles synoptiques sur la vie de Jésus.

Nous avons vu que Jean poursuivait un but précis en écrivant son récit. Peut-être les trois évangiles synoptiques étaient-ils déjà en circulation parmi les chrétiens de l’époque. Qu’ils l’aient été ou non, Jean n’a pas cherché à en faire une copie supplémentaire. Sous la direction du Saint-Esprit, il a fait appel à sa vaste et riche expérience, lui qui était le disciple que Jésus aimait, et il a présenté son unique façon de percevoir la personne et la mission de son Maître. Aujourd’hui, nous profitons des vérités profondes que Dieu lui a données à partager avec nous.

Le vocabulaire

Certains termes apparaissent beaucoup plus souvent dans l’évangile de Jean que dans les évangiles synoptiques. Parmi eux, nous citerons les suivants: demeurer, croire, fête, Juif, lumière, vivre et vie, amour et aimer, vérité et vrai, témoin et monde. Ces termes ont tous une signification particulière. Ils doivent être étudiés avec soin, car ils offrent souvent la clé permettant d’avoir accès aux pensées exprimées par Jean.

La façon particulière de voir Christ

Tous les évangiles présentent Christ comme le Fils de Dieu. Jean est cependant celui qui affirme dans le langage le plus simple que Jésus est Dieu et qu’il a toujours existé (Jean 1.1, 14 ; 8.58 ; 17.5). Il commence son récit non pas en disant dès le commencement ou à partir du commencement, mais avec au commencement. Pour lui, Bethléhem et la crèche ne marquent pas l’origine de l’existence de Christ mais plutôt le jour où il s’est fait « chair ».

L’évangile de Jean révèle également une autre vérité au sujet de Christ. Pour Jean, Christ est « la Parole ». Parmi les auteurs des évangiles, il est le seul à utiliser ce terme pour désigner Jésus. Pour ses lecteurs, le mot « Parole » était associé à plusieurs choses. Dans son sens ordinaire, il servait à décrire ce que les hommes employaient pour communiquer entre eux. Pour les Juifs, «la Parole de Dieu » était une expression bien connue que l’on trouvait souvent dans l’Ancien Testament (voir Psaume 33.6 par exemple). Certains l’appliquaient au Messie qui devait venir. Pour les Grecs, cette même expression servait à désigner la manifestation de la raison divine. Jean pensait donc à ces diverses significations en déclarant avec vigueur que Jésus était la Parole. Il montrait ainsi aux Grecs comme aux Juifs que Jésus était le représentant de Dieu qui désirait se faire connaître aux hommes; Jésus était la pleine expression de sa raison, de sa volonté et de son dessein d’une façon accessible à l’être humain.

Contenu

En lisant l’évangile de Jean, vous pouvez remarquer la façon dont le thème principal se poursuit tout au long de ses pages. Notez également le genre de relation que Jésus entretenait avec son Père. Comme vous l’avez déjà vu, cet évangile est unique sur plusieurs points. Jésus y apparaît dans sa gloire comme le

Fils unique de Dieu (1.4), celui qui offre la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui (3.16).

Prochaine leçon